Saint-Pavin !
Fils du Cardinal de Guise, président au Parlement, et parent du chancelier Séguier, Denis Sanguin de SAINT PAVIN (1595-1670) choisit la carrière ecclésiastique, en dépit de son peu de foi. Pourvu d'une abbaye, qu'il transforme en retraite voluptueuse, il s'entoure de jeunes amants avec si peu de discrétion que Boileau l'attaque dans ses vers. Saint Pavin ose prendre le titre de prince de Sodome, provocation insupportable pour ses contemporains. Ses poésies furent publiées en 1655, à l'exception des pages concernant l'homosexualité. Denis Sanguin entra dans les ordres et obtint successivement les prieurés de Saint-Pavin des Chaps, de Saint-Cosme et Saint-Damien. Sa vie ne fut pas des plus austères et il ne cachait pas son incrédulité. Il écrivit un sonnet contre Boileau dans lequel il l'accuse de plagiat ce qui lui valut l'épigramme contre un athée de Boileau. Saint-Pavin était bossu, tellement goutteux qu'il ne se déplaçait qu'en chaise à porteurs. Il acheva sa carrière ecclésiastique en qualité d'aumônier et conseiller du Roi ad honores. Il fut l'ami de la Marquise de Sévigné, il fréquenta amoureusement les hommes et les femmes, dont l'une d'elle lui donna un fils, curé de Tierceville près Bayeux.
Quand on ne cherche qu'à se plaire
Quand d'un esprit doux et discret
Toujours l'un à l'autre on défère,
Quand on se cherche sans affaire
Et qu'ensemble on n'est pas distrait ;
Quand on n'eut jamais de secret
Dont on se soit fait un mystère,
Quand on ne cherche qu'à se plaire,
Quand on se quitte avec regret ;
Quand, prenant plaisir à s'écrire,
On dit plus qu'on ne pense dire,
Et souvent moins qu'on ne voudroit
Qu'appelez-vous ce cela, la belle ?
Entre nous deux cela s'appelle
S'aimer bien plus que l'on ne croit.